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Il était une fois....

 
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chouky74



Inscrit le: 12 Sep 2009
Messages: 2

MessagePosté le: 12 11 2009 11:30 pm    Sujet du message: Il était une fois.... Répondre en citant

Bonjour,

Beaucoup d'histoires commencent par "il était une fois...." et finissent par "ils vécurent heureux..."
Je ne suis pas encore à la fin mais sur un bon chemin en tout les cas !

Je n'ai pas témoigné avant malgré ma petite présentation, manque de temps pour moi, savoir trouver les mots justes, où commencer etc... Mais voilà je me lance !

J'ai bientôt 35 ans, mariée depuis 2007, maman de 2 garçons, Alexis 2 ans en décembre et Loïc né le 21 juin dernier, mère au foyer.

Tout à commencer après le naissance de Loïc, grosse fatigue, épuisement, quasiment pas de sommeil de plus de 3h d’affilée, beaucoup de pleurs, des difficultés pour le biberon et s’occuper du grand, lui accordé de l’attention, jouer, être présente…
Je n’arrivais pas à « re »trouver les bons gestes, à comprendre les pleurs, à comprendre les désirs d’Alexis aussi... plus de force à réfléchir, mais de la force pour pleurer le soir au début quand les lumières s’éteignent, puis la journée quand je n’arrivais plus faire face.

Mais jamais en présence de mon mari ou si rarement. Par contre, malgré mes efforts, ça se lisait sur mon visage, la tristesse, la fatigue ; au point d’avoir des « reproches » de sa part. Je mets le mot entre parenthèse car en fait cela était en fait des coups de pieds pour que je bouge. Malheureusement, je n’avais plus le sens du discernement, dons je prenais cela mal. Quelques mots de travers et voilà que le froid s’installait entre nous.
Lui aussi ressentait la fatigue, l’épuisement…

Il me fallait réagir, comprendre ce qui se passait. J’avais lu qq chose dans BabyMag un vague article, puis dans le Matin dimanche, était-ce ça ? Internet allait venir à mon secours, des articles, des témoignages, un site, …. Oui une dépression post-partum, c’était le mot !
Restait à comprendre pourquoi et comment. Et également le dire à mon mari que j’étais ptre malade ! Bon, encore un livre pour être plus au clair ; oui oui j’ai plein de symptômes : peur, angoisses, tristesse, manque d’estime de soi, culpabilité, pas de projection sur l’avenir etc…

Me voilà à réfléchir, le début c’est la naissance vraiment ? Oui c’est là pour moi !

Contraction toutes les 5 minutes, départ pour l’hôpital 4h du mat, contrôle monitoring, toucher vaginal…pas encore de dilatation ou si peu, contractions régulières mais pas efficaces. Renvoyés à 8h à nous balader, à prendre un café et à revenir vers 10h. Rebelotte, contrôle, toucher, non rien de rien, renvois à nouveau pour 2h, retour hôpital, idem. Mais selon demande de mon médecin stand by à l’hôpital car Alexis était venu très rapidement (4h). Et on recommence toutes les heures avec les contrôles et les touchers. Mon ventre bouge tout seul, toutes les 2min c’est une grosse contraction ou des milliers de petites ; pour les sages femmes c’est du faux travail le col s’ouvre mais se dilate pas. Je fatigue. On veut presque me renvoyer à la maison, mais je veux rester. Mon médecin n’est pas présent mais en contact au téléphone, il veut que je reste aussi. Il est maintenant 22h, j’en peux plus, je suis fatiguée, c’est douloureux, on me retouche encore, pas de dilatation, on m’injecte un calmant pour que les douleurs passent. Rien y fait, 1h après je suis à bout, épuisée, en larmes, mon mari ne sait plus comment faire. Il appelle la sage femme pour qu’elle me descende en salle de travail et qu’elle provoque l’accouchement. Non, elle ne peut pas, ce n’est pas dilaté voilà sa 1ère réponse ! Mon mari s’énerve et demande qu’on appelle le médecin et qu’on ne me laisse pas ainsi. C’est ok pour le médecin, on descend enfin à la salle d’accouchement. On retrouve la sage femme du matin, elle est étonnée que nous soyons encore là ! L’anesthésiste arrive pour la péridurale, me pique, me pose de question mais je suis tellement dans le cirage que je n’en sais rien. J’ai chaud tout un coup, trop chaud, je vomis et vlan… la poche des eaux perce, douleur terrible comme une brûlure, plus de forces pour pousser…je sens que je ne vais pas y arriver. On me colle le masque à oxygène sur le visage…mon mari est à mes côtés, me dit que je suis une merveilleuse femme et que je vais donner naissance à un merveilleux bébé. Il m’encourage, il est merveilleux lui aussi. Mon médecin arrive enfin et lui aussi m’encourage, je pousse, une fois, deux, trois et voilà qu’un tout petit cri retenti. C’est Loïc, tout petit, tout frêle, tout fatigué lui aussi, c’est 3h13. A peine le temps de lui dire bienvenue, qu’on part avec lui. J’apprendrai plus tard qu’il aura eu aussi droit à l’oxygène !
C’est fini, je reprends des forces et je peux enfin accueillir mon bébé.

Les jours qui suivent, je n’arriverais pas à me reposer à l’hôpital. Loïc ne veut pas dormir dans son « aquarium », que sur moi, sinon il pleure. De chance pas beaucoup de visites, une chambre toute seule aussi, j’ai bien fait d’en faire la demande, je n’aurais pas supporté d’être entourée de trop de monde.

Après 3 jours, le retour à la maison, et les difficultés qui commencent….

Le début c’est la naissance vraiment ?
L’accouchement fût pénible, mais il semble que pendant la grossesse j’avais déjà accumulé des peurs, des craintes, et en y repensant oui c’était le cas !

Je parle au passé ! ? !
Oui car j’ai fait le pas d’aller consulter une psychologue, et depuis j’ai pu revivre ça avec une certaine sérénité retrouvée. La partie est loin d’être gagnée, mais j’ai pu mettre le point sur des faits, comme la peur de mourir lors de mon accouchement ou de perdre mon enfant.

J’ai également eu des chocs pendant ma grossesse, des peurs soudaines qui sont restées gravées dans mon subconscient, j’étais déjà fragilisée avant même d’accoucher ! Malheureusement, mon enfant a pris ces peurs pour siennes également et je dois travailler avec lui pour qu’il s’en débarrasse.

Mon couple ? J’ai la chance d’avoir un mari qui m’aime, qui aime nos enfants. Il est patient malgré les coups durs, il me soutient et fait même un bout de la thérapie avec moi. Il nous veut en belle famille unie et heureuse. Je l’aime.

Reste encore la culpabilité à me débarrasser, oser prendre du temps pour moi pour me retrouver, également pour le couple. Oser en parler à mes amies proches, et demander de l’aide même pour un petit rien qui somme toute est beaucoup.
Reste ma maman à qui je n’ai pas pu encore lui dire, même si elle s’en doute, elle m’aide comme elle peut, essuie mes coups de gueules sans broncher, garde les enfants aussi souvent que je le veux. Je l’aime.

Voilà je m’encourage sur mon chemin, et j’encourage toutes les femmes (et hommes) en détresse. On a toutes et tous les armes pour aller de l’avant. Courage !

Amicalement
Myriam
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Chou-Fleur



Inscrit le: 29 Jan 2008
Messages: 137
Localisation: Genève

MessagePosté le: 13 11 2009 8:23 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour cet émouvant témoignage.

Bravo pour ton courage d'avoir demandé de l'aide et pour ce parcours vers le bonheur. Tu n'as pas à te culpabiliser (oui... facile à dire)! Pour chaque enfant on doit devenir maman, une maman différente en fonction du bébé qui est devant nous, en tenant compte de notre vécu, des moments de la grossesse, de l'accouchement etc.... c'est une renaissance à chaque fois et rien n'est jamais acquis.

Je suis convaincue que tu vas pouvoir mettre prochainement le mot "et ils vécurent heureux" sur l'histoire de ta petite famille. Tu es sur le bon chemin et nous sommes là pour partager ces moments.

Bonne continuation
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Läderach Myriam



Inscrit le: 21 Sep 2008
Messages: 19

MessagePosté le: 17 01 2010 9:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour chouky,

Admettre que l'on est pas bien, c'est déjà un pas de géant.

Le post partum s'est pas facile à vivre pour soi et pour les autres.

Moi, j'ai vite admis ma difficulté et je me suis fais réhospitalisé une semaine après la naissance de ma deuxième fille. Mon mari a eu des difficultés à voir que sa femme si solide d'ordinnaire en était à ce point.
Mais tous les jours qui passent sont une victoire de plus.

Courage, tu vas trouver le rythme, et les mots pour ton histoire.

Myriam
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valerie



Inscrit le: 24 Jan 2009
Messages: 21

MessagePosté le: 25 01 2010 11:11 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Votre histoire est très touchante et on y retrouve vite quelques points communs ...

Ou en êtes-vous maintenant ?

J'espère que votre route se poursuit au mieux et meilleures salutations.

Valérie
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